Les Chroniques de VJC

17, 18 mai 1944...Italie la bataille du Mont Cassin !

La Bataille de Monte Cassino est une des plus importantes batailles de la Seconde Guerre mondiale. Elle se déroule en quatre phases principales et oppose le XVème Groupe d'Armées alliées du général britannique Sir Harold Alexander au Heeresgruppe C du maréchal Albert Kesselring. L'objectif des Alliés est de percer la Ligne Gustav, établie sur toute la largeur de la péninsule italienne, puis d'avancer et de s'emparer de Rome. Au début de l'année 1944, la moitié occidentale de la Ligne Gustav est fermement ancrée le long des fleuves Rapido, Liri et Garigliano, et sur un certain nombre de pics ou de collines avoisinantes. Les Allemands n'occupent (pas encore) l'Abbaye historique du Mont Cassin (Monte Cassino), fondée en 524 après J.-C. par Saint-Benoit et berceau de l'Ordre des moines bénédictins. Le 15 février 1944, l'abbaye, pourtant non occupée par les Allemands, est détruite par 1400 tonnes de bombes de l'aviation américaine. Les Alliés justifient ce bombardement par la crainte que le site, qui domine toute la région à 520m d'altitude, ne sert de point d'appui et de position de contrôle pour la défense ennemie. Deux jours après le bombardement, les parachutistes allemands s'installent dans ses ruines: le bombardement n'aura servi qu'à renforcer le dispositif de la Ligne Gustav.

Du 17 janvier au 18 mai 1944, la Ligne Gustav sera prise d'assaut à quatre reprises. Au cours de la dernière d'entre-elles, vingt divisions alliées attaquent sur un front large d'une quarantaine de kilomètres, et finissent par percer les défenses allemandes, cependant à un prix exhorbitant. Pour les Alliés, cette victoire à la Pyrrhus est une des batailles les plus longues et coûteuses de la Seconde Guerre mondiale. Les Alliés débarquent en Italie début septembre 1943, les Britanniques à l'extrêmité sud de la Calabre et dans la Baie de Tarente, et les Américains dans la Baie de Salerne. Ensuite, le XVème Groupe d'armées alliées avance vers le nord-ouest en remontant la péninsule, sur deux fronts distincts, chacun sur un flanc de la chaine de montagnes des Apennins, qui courent sur presque toute la longueur de l'Italie. A gauche, la 5ème Armée US du lieutenant-général Mark W. Clark, avance le long de la côte méditerrannéenne et s'empare de Naples. A droite du front allié, la 8ème Armée britannique du lieutenant-général Sir Bernard L. Montgomery progresse le long de la côte de l'Adriatique. A partir de fin novembre, le Corps Expéditionnaire français, commandé par le général Alphonse Juin et intégré à la 5ème Armée US, commence à débarquer et à intervenir dans les opérations, disposé sur le flanc droit de Clark, dans les Apennins.

Le maréchal Albert Kesselring, commandant le Heeresgruppe C, a fait construire une solide ligne de défense à travers toute la largeur de la péninsule, la "Ligne Gustav". Il a particulièrement fortifié cette zone, se servant des pics ou des collines comme poste d'observation d'artillerie ou de points d'appui, qui harcèlent constamment les Alliés et ralentissent leur progression. Ces points d'observation dominent les vallées du Liri, du Rapido et du Garigliano, au coeur de la chaine de montagnes des Apennins. Cassino représente donc la clé de voute de tout le système défensif allemand sur la Ligne Gustav. En raison de la valeur historique du site de l'abbaye, Kesselring a cependant formellement interdit, en décembre 1943, que ses troupes l'occupent. En automne, il a d'ailleurs fait évacué son "trésor littéraire" vers le Vatican, à Rome: 800 documents papaux, 20.500 livres et volumes de "l'Ancienne Bibliothèque", 60000 de la "Nouvelle Bibliothèque", 500 incunabula du Moyen-Age, 200 manuscripts sur parchemin, et 100.000 copies ou recopies séparées de moines.

En ce début d'années 1944, le général américain Dwight D. Eisenhower est le commandant suprême des forces alliées (terrestres, navales et aériennes) en Méditerannée. Il est donc le supérieur direct du lieutenant-général Harold Alexander, qui dirige le XVème Groupe d'Armées alliées. La phase préliminaire de la bataille de Cassino débute le 17 janvier 1944.

Ce que l’on appelle la bataille de Monte Cassino est, en fait, une série de quatre assauts meurtriers pour la possession de cette colline. La confrontation débute le 17 janvier 1944 avec une attaque de contournement de la colline par le Nord-Est. Cette première bataille dure jusqu’au début du mois de février. Le Corps Expéditionnaire Français en Italie, sous le commandement du Général Alphonse JUIN, s’illustre particulièrement avec ses contingents coloniaux surtout marocains (Goumiers, Tabors et Spahis). La résistance allemande demeure cependant acharnée et le gain de terrain minime eu égard aux efforts déployés et aux pertes humaines importantes. La 34th US Infantry Division parvient à 300 mètres du monastère au cours de ce premier choc, mais elle est décimée. Entre-temps le débarquement d’Anzio a eu lieu. Cependant, le manque d’audace du général américain LUCAS a laissé KESSELRING se ressaisir avec une remarquable rapidité. Trois jours seulement après un débarquement opéré sans résistance, la situation change complètement. La tête de pont d’Anzio est désormais isolée, et bombardée sans répit des hauteurs avoisinantes par l’artillerie allemande.

Bloqués à Monte Cassino et à Anzio, les Anglo-Américains décident alors de passer en force. La deuxième bataille de Cassino se déroule du 15 au 18 février. Elle débute par un violent bombardement aérien qui rase le monastère bénédictin. Les troupes allemandes, conformément à une tactique désormais bien rodée face à la puissance de feu adverse, ont anticipé le déluge de feu. Elles se sont retirées, laissant les bombes frapper dans le vide, pour ensuite venir réoccuper les ruines juste avant l’assaut de l’infanterie alliée (britannique et néo-zélandaise). Les 420 tonnes de bombes larguées le 15 février ont surtout transformé le monastère en réduit inexpugnable, où s’accrochent désormais les hommes de la 1 Fallschirmjäger Division. Ces parachutistes aguerris, utilisés comme une infanterie d’élite au sol, vont tenir Monte Cassino durant de longs mois. Ils se révèlent supérieurs dans un combat défensif où pentes et ruines gênent considérablement la progression alliée. Leurs lignes de défense, âprement défendues, sont prises et reprises au cours de contre-attaques meurtrières. Le troisième assaut, qui a lieu du 14 au 22 mars, signe une fois de plus l’échec de la stratégie d’attaque d’attaque frontale des Anglais et des Américains. Pour la propagande nazie, Monte Cassino devient le symbole de l’incapacité des alliés occidentaux à investir la “Citadelle Europe”.

Ce sont les troupes du CEF qui vont finalement débloquer cette situation d’enlisement, et marquer le point stratégique qui permet la victoire alliée à Cassino. S’appuyant sur des unités marocaines (2e DIM, 4e DIM, 4e RSM) particulièrement adaptées aux combats en montagne, JUIN va livrer, dans une quatrième et dernière confrontation, une série de batailles visant à s’emparer des collines environnant celle de Monte Cassino. L’assaut débute le 11 mai, et la stratégie française conduit de fait à l’effondrement de la ligne Gustav puisque le CEF finit par déboucher directement dans la vallée du Liri. Monte Cassino est désormais sur le point d’être complètement enveloppé, et KESSELRING ordonne son évacuation le 17 mai. Ce sont les soldats du Général Wladyslaw ANDERS qui hissent le lendemain, au sommet des ruines du monastère, le drapeau polonais le 18 mai 1944, 10.00h du 18 mai la colline du monastère s’était remise aux Polonais et bataille de Montecassino était enfin terminée.

Cette bataille coûta aux Alliés 115 000 hommes et aux Allemands 60 000. Le 23 mai, les troupes alliées réussirent une percée à Anzio où elles étaient encerclées depuis janvier. La route de Rome était maintenant ouverte et les Américains y défilèrent le 4 juin 1944. La bataille de Cassino fut l'une des plus dure de toute la campagne alliée en Europe. Le 17 mai 1944, à la bataille du Mont Cassin, entre Naples et Rome, les Marocains du général Juin brisent la résistance des armées allemandes et permettent aux Alliés de poursuivre leur progression en Italie. C'est l'un des principaux faits de gloire de la France Libre pendant la Seconde Guerre mondiale.

Publié le 17/05/2017

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