Les Chroniques de VJC

19 mai 1978...Kolwézi...2e REP, More Majorum !

Le sauvetage de Kolwezi est une opération aéroportée de la Légion étrangère, qui a lieu en mai 1978, dans le Zaïre, maintenant Congo-Kinshasa. Pour faire face à une situation d’urgence imprévue où la population européenne était en train de se faire massacrer à Kolwezi, à 6 000 kilomètres de la France. Afin de protéger ses ressortissants, la France met le 2e REP (Régiment étranger de parachutistes), commandé par le colonel Philippe Erulin, en alerte le 16 mai à 0 h 45. Deux équipes de quatre hommes du 13e RDP lui sont adjointes pour mettre en place les liaisons radio à grande distance. Ils ont pour mission de faire cesser les massacres en cours et de libérer plus de 2 000 civils européens et des milliers de civils africains, terrés dans les caves et les greniers de leurs maisons. Cet engagement, l’opération Bonite,a revêtu un caractère ponctuel tant dans son point d’application que dans son but : ‘’rétablir l’ordre et la sécurité dans Kolwezi’’.

Le 17 mai dans la journée, les légionnaires sont envoyés dans quatre DC-8, appartenant à la compagnie civile UTA, de Solenzara vers Kinshasa, suivis par un Boeing 707 emportant le matériel et l'armement. Ils arrivent à partir de 23 h 15 le lendemain. Les préparatifs sont faits à l'aéroport militaire de Kinshasa, notamment la réception de parachutes militaires américains, pour lesquelles les compagnies reçoivent une instruction rapide durant la nuit du 18 au 19. Le briefing a lieu également durant la nuit, et permet la définition des détails de l'opération dont les plans sont conçus par l'attaché militaire de l'ambassade de France, le colonel Gras. Les 2 Transall de l'armée de l'air française et les 4 C-130 Hercules zaïrois décollent dès 11 heures pour emporter la première vague alors que les parachutistes belges se regroupent à Kamina.

Le 19 mai à 14 h 30, celle-ci, composée de 405 hommes (le PC et trois compagnies), saute à 250 mètres d'altitude sur l'ancien hippodrome. Six hommes sont blessés par des tirs d'armes légères dès le largage, un autre, atterrissant loin de son unité, est tué et mutilé en pleine rue, sans avoir pu se défaire de son parachute. Immédiatement, de violents combats de rue commencent, permettant de délivrer des Européens retenus en otage ou qui avaient pu se cacher. Une colonne rebelle, avec une AML, est stoppée vers 15 heures à hauteur de la gare par un tir de lance-roquettes. Par des actions débordantes rapides, tous les groupes rebelles sont éliminés. La ville est sous contrôle de la Légion dès la tombée de la nuit à 18h. Les unités s'installent aux carrefours. Pendant la nuit, les rebelles contre-attaquent en s'infiltrant dans le tissu urbain mais sont stoppés par des embuscades de la Légion. Les premiers otages sont évacués par le terrain d'aviation.

Le 20 mai les parachutistes belges atterrissent à Kolwezi vers 6h30 du matin et sont stoppés par la Légion étrangère. Les paras belges forcent le barrage français et entrent dans Kolwezi. Ils découvriront les massacres du quartier P2. Les troupes belges resteront plus d'un mois au Katanga pour ravitailler en nourriture la population de la région de Kolwezi et assurer, en collaboration avec les troupes marocaines, le maintien de l'ordre.

Dans la nuit du 19 au 20, de nouveaux combats ont lieu. Ce n'est qu'en fin de nuit, à 6 h 30, qu'une deuxième vague de 250 parachutistes est larguée, alors qu'elle était initialement prévue pour la nuit du 18 au 19. Sautant à l'est de la ville, elle prend les rebelles à revers et occupe cette partie de la ville dans la matinée.Dans l'après-midi du 20, la ville minière de Metal-Shaba est elle aussi prise par le 2e REP. Les 200 rebelles sont forcés d'évacuer, mais tuent un sous-officier légionnaire.L'audace et la rapidité d'exécution de l'opération procurent un effet de surprise favorable aux légionnaires qui s'emparent du centre-ville dans la foulée. En deux jours, ils prennent le contrôle de la ville, libèrent les 2 800 ressortissants et les évacuent le 21 mai. La région est elle aussi sous contrôle des parachutistes, jusqu'à leur relève par une force africaine commandé par le Maroc et ses partenaires (Sénégal, Togo et Gabon).

Quelques 700 civils africains et 170 européens trouvèrent la mort lors de cette tentative de déstabilisation. C'est la première fois que l'armée française utilise en opération le fusil de précision FR-F1. Ce sauvetage montre l'efficacité des troupes légères parachutées, lorsqu'elles bénéficient de l'effet de surprise au cours d'une opération bien préparée (renseignement, rapidité de conception et d'exécution, soutien logistique).Les légionnaires ont également pris un millier d'armes légères, 4 canons, 15 mortiers et 21 lance-roquettes, et détruit 2 AML. Cette opération aéroportée très difficile à réaliser est un succès total sur le plan militaire. Une fois de plus les paras ont fait honneur aux armes de la France par leur courage, leur professionnalisme et l'humanité dont ils ont fait preuve au cours de cette mission.Ils seront, à leur retour dans la capitale zaïroise chaudement remerciés par le présidant Mobutu et largement acclamés par la population. Une fois l'opération terminée, les Occidentaux poursuivent les efforts anti-guérilla puisqu'avec le SDECE et grâce à appui d'images de la CIA, l'UNITA de Jonas Savimbi conduira les 27 mai et 6 juin des embuscades entraînant l'exécution de centaines de Katangais et de leurs conseillers militaires cubains et est-allemands.

Ainsi, l’opération aéroportée sur Kolwezi est l’exemple type d’action extérieure, riposte rapide et adaptée, décidée pour répondre à une crise grave. Limitée dans l’espace comme dans le temps, l’opération Bonite a une dimension médiatique et psychologique, particulièrement significative. Opération aéroportée de courte durée, mais risquée, cette opération était complexe.

Cinq légionnaires du 2e REP sont morts pour la France et vingt autres blessés...250 rebelles ont été tués.

IN MEMORIAM :

Sergent-chef Daniel

Caporal-chef Arnold

Caporal Alioui

Caporal Harte

Légionnaire de 1ère classe Clement

Publié le 19/05/2017

© 2010 - 2017 Veterans Jobs Center - SARL GABIRO - Tous droits réservés - Réalisation GFX Studios